Lundi 14 avril 2008

L'été tirait à sa fin. Le soleil brûlant avait laissé place à une lumière douce qui étirait malicieusement les ombres des arbres, ponctuant la campagne de fines rayures qui dansaient dans le vent. Les genoux dans la terre, une jeune fille arrachait consciencieusement les ronces et les mauvaises herbes qui envahissaient les rosiers. La peau claire de ses épaules nues portaient les stigmates d'un été passé dehors. Elle parlait d'une voix douce.

Quoiqu'on fasse, ces pauvres fleurs se retrouvent toujours étouffées par une multitude d'autres herbes. Je me demande comment je vais les retrouver à mon retours... Je vais partir longtemps tu sais, je ne reviendrais pas avant les vacances de Noël.

Elle leva les yeux au ciel, pour contenir ses larmes.

J'ai la trouille, parce j'ai toujours vécu ici. Je savais bien qu'un jour il faudrait partir, mais je n'aurais jamais cru que ça arrivais si vite. Je n'ai jamais eu beaucoup d'amis, même ici. Bien sûr y a toi, et aussi Ms Marple ! Mais c'est quand même pas tout à fait pareil...

Ses jambes engourdies commençait à lui faire mal. Elle s'étira. Elle recula de quelques pas et se laissa tomber à la renverse, dans les herbes hautes de ce jardin redevenu presque sauvage. Un petit chat noir était assis là, face à elle. Il se tenait parfaitement immobile, droit comme une statue. Il fixait attentivement la jeune fille de ses grands yeux cuivrés. Elle resta allongée encore un instant, en silence, les yeux fermés. Le vent jouait avec ses cheveux bouclés qui lui chatouillaient le visage. L'odeur de l'herbe tiède et le parfum des fleurs emplissaient ses narines. Elle écoutait le murmure du vent dans les arbres et le chant des oiseaux, savourant paisiblement le calme de cette fin d'après-midi. Encore quelques jours et ce serait la fin de l'été. Encore quelques jours, et ce serait la rentrée.

***

Voici une autre version du prologue, lue et relue, retravaillée, probablement plus proche des personnages qui ont eu le temps de murir un peu dans mon esprit, mais qui a également énormément perdu en spontanéité. Je ne sais pas quelle version est la meilleure, et donc quel style adopter pour la suite...

par Clarissandre publié dans : Brouillons
ajouter un commentaire commentaires (1)    recommander
Dimanche 13 avril 2008

Le seul point commun qu'il y a entre moi et Barry Rotter, c'est que moi aussi, on va m'envoyer dans un pensionnat à la rentrée. Manque de bol, il n'y aura ni pouvoirs magiques, ni terribles monstres, ni même une simple petite prophécie de rien du tout. Rien que la banalité d'une école privée, tenue par de vieux coincés et remplie de petites pestes et de gosses de riche. Le problème, c'est que moi, je suis pas riche. Carrément pas même. J'ai beau dire que je m'en fiche, et savoir que c'est stupide, j'ai pas envie qu'on remarque que je suis pas comme les autres, pour ça aussi. Le seul truc potable que je vais avoir à me mettre cette année, c'est l'uniforme quasi militaire de ma future prison. Ca, et le superbe jean taille basse que je vais pourvoir m'offrir à la fin des vacances, avec l'argent de mon petit boulot. D'ailleurs, il faut que je me dépèche de finir de déserber les rosiers, sinon Ms Marple va encore me faire la morale. Elle est un peu flippante cette vieille dame, elle sent tout bizarre... Peut-être que c'est une sorcière qui a plusieurs centaines d'années, et qui doit prendre des bains de formol pour que son corps ne se momifie pas sur place.

La jeune fille éclata de rire.

Bah fait pas cette tête, c'était une blague ! Partout où je vais, on me prends pour une cinglée, parce que je crois aux histoires de fantômes et tout ça. En vrai j'y crois pas vraiment, mais je me dit que ce serait vachement bien si ça existait. Peut-être que ma vie serait moins ennuyeuse, et peut être que je pourais parler à ma maman. Elle est morte quand j'étais toute petite. Non mais c'est pas la peine d'être désolé hein ! C'est sûr, c'est super triste de pas avoir de maman, mais c'est pas vraiment comme si j'avais perdu un truc, en fait j'en ai juste jamais eu.

Elle s'assie dans l'herbe en soupirant. Ses genoux endoloris étaient maculés de terre. Un petit chat noir était assis là, face à elle. Il se tenait parfaitement immobile, droit comme une statue. Il la regardait droit dans les yeux, sans siller.

Sérieux, je suis pas nette, je cause à un chat...

Elle se laissa tomber à la renverse, dans la pelouse impecable. L'odeur de l'herbe tiède et les fleurs lui chatouillait les narines. Les yeux fermés, elle profitait la caresse du soleil sur sa peau claire, rougie par les heures passées dans le jardin de sa vieille voisine. Encore quelques jours et ce serait la fin de l'été. Encore quelques jours, et ce serait la rentrée.

***

Voici les premiers mots d'une histoire dont je ne sais encore rien. Je me suis lancée un défi d'écriture : coucher sur le papier quelques centaines de mots par jour, sans prétention aucune d'aboutir à une véritable histoire. J'écris les mots comme ils viennent, je découvre les personnages et l'aventure au fil des phrases, comme vous.

par Clarissandre publié dans : Brouillons
ajouter un commentaire commentaires (1)    recommander

Par ici...

Avant-propos

  • Attention, certains textes peuvent contenir des passages destinés à un public adulte.
  • Il est interdit de recopier partie ou totalité de mes textes sans mon consentement préalable.

Boîte à souvenirs

 
Blog : Pour adultes sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur avec TF1 Network - Signaler un abus