La traversée de Paris se fit sur les chapeaux de roue. Callisthène avait un mal fou à suivre son guide, qui galopait comme une adolescente. Les yeux rivés sur la petite plume qui ornait le
couvre-chef de la vieille dame, la jeune fille fendait la foule à vive allure. Qui eu crue que cette septuagénaire grêle et voûtée aurait eu une telle énergie ? La bouche de métro déversait dans
la gare un flot ininterrompu de voyageurs, qui se dispersaient aussitôt comme une volée de moineaux. La jeune fille, bravant courageusement le flux qui tentait de l'emporter à contre courant,
pénétra enfin dans le halle des grandes lignes. Le murmure de la foule, le cliquetis des valises à roulettes et les bruits de pas qui résonnaient sur le sol en pierre lui donnaient le tournis.
Elle leva les yeux au ciel pour reprendre son souffle et resta interdite, émerveillée par le spectacle de cette gigantesque verrière soutenue par un savant assemblage de poutres et de colonnes
métallique. L'édifice, gargantuesque, était tellement imposant que les trains alignés le long des quais faisaient figures de simples jouets.
A quelques pas de là, un groupe de trois jeunes filles, probablement des élèves de terminale, riait bruyamment. Elles portaient des vestes en tweed noire, de coupe militaire, sur des jupes
plissées écossaises bleues marines. L'uniforme de St Ann ! Elle était donc arrivée. La jeune fille se retourna et parcouru du regard la foule compacte, mouvante, qui quittait le halle. Elle
aurait tellement aimé remercier la vielle dame, mais en l'espace de quelques secondes, elle semblait s'être volatilisée.
Elle sorti son billet de train et commença à chercher son wagon. Beaucoup de familles étaient venues accompagner leur enfant. Certains, qui ne semblaient pas avoir plus de dix ans, roulaient des
yeux effrayés, agrippés à leur mère. La jeune fille arriva finalement devant la porte indiquée sur sa réservation. Une élève, d'environ dix-sept ans, contrôlait les pensionnaires qui prenaient
place dans le compartiment. Elle avait de long cheveux bruns, incroyablement raides, qui tombaient avec grâce jusqu'au bas de son dos, et un regard très doux, souligné par une frange parfaitement
définie. Sur sa poitrine était épinglée une petite étoile argentée, impeccablement lustrée. Elle regarda Callisthène et lui signifia distraitement :
Les wagons des collégiens sont au début du quai, tu es allée trop loin.
Callisthène, prise au dépourvu, était devenue rouge pivoine.
Je... je suis en seconde en fait. Et, euh, c'est bien mon wagon. C'est écrit là, ici sur mon billet. Dit-elle en présentant -à l'envers- son billet de train.
La jeune fille, embarrassée par son erreur, s'excusa poliment et se présenta.
Je suis désolée, je... j'ai cru que tu étais un peu plus jeune. Quelle étourdie, je ne me suis pas présentée ! Je suis la déléguée des élèves de terminale. Dit-elle en indiquant l'étoile
sur sa poitrine. Je m'appelle Thérésa. Si tu as besoin de quoi ce soit, n'hésite pas à venir me trouver.
La jeune fille avait fait très forte impression sur Callisthène, qui avait beaucoup de mal à détacher son regard. Elle avait une manière de parler, de se mouvoir, si gracieuse et naturelle, qu'il
émanait d'elle une sorte de perfection.
Pas étonnant qu'elle ait été choisie pour représenter les élèves, pensa-t-elle, elle doit être très populaire.
< lire >
Bonjour,
J'aurais du prendre le temps de vous envoyer un mail pour expliquer la raison de ce refus. Non pas que je trouve quoique ce soit à redire à votre blog (il est même très sympatique).
Le thème de cette de communauté est l'écriture d'un roman (où d'une nouvelles si tant est qu'elle nécessite plusieurs plusieurs billets et un suite au fil de jours pour l'écrire).
Un visiteur tombant sur votre blog y vera essentiellement le journal de bord d'une famille expatriée. Or dans les blogs de la communauté, il pourra satisfaire sa curiosité romanesque en lisant au
fil des jours l'avancé de romans en cours en d'écriture, publié en intégralité (et donc sans objectif d'être édités un jour puisque déjà diffusés).
C'est une démarche différente...
J'espère vous avoir un peu éclairé,
Clarissandre
Bises, continue comme ça c'est génial !