Mercredi 23 avril 2008

Elle se dirigea alors discrètement vers le rayon lingerie du grand magasin. Cette profusion de couleurs, de dentelles et de rubans la mettait plutôt mal à l'aise. Elle effleura du bout des doigts le tissu soyeux et richement orné d'un soutien-gorge en dentelles noires. A cet instant précis, une vendeuse d'un certain âge surgit derrière elle, et l'aborda.

Mademoiselle, puis je vous aidez ?

La jeune fille était terrifiée. Lançant des regards affolés autour d'elle, les mains crispées sur son petit sac, elle balbutia :

Je... je regarde.

La toisant du regard, et devinant son embarra, la vendeuse l'entraîna dans un rayon situé à un peu à l'écart, à l'abri des regards. Une collection de sous vêtements en coton, aux coloris pastels et aux formes simples, y étaient présentée. Le regard de la jeune fille se posait tour à tour sur la multitude de modèles, elle ne savait absolument pas quoi choisir. La vendeuse, restée légèrement en retrait jusqu'à  lors, s'approcha.

C'est pour vous ? Votre premier, n'est-ce pas ?

Sentant le regard inquisiteur de la femme sur son absence de poitrine, Callisthène devint écarlate. Elle était au bord des larmes et avait envie de s'enfuir en courant. Elle se sentait humiliée. Mais elle avait déjà fait une grande partie du chemin et il aurait été dommage de reculer maintenant, si près du but. Incapable d'articuler le moindre mot, elle se contenta de hocher la tête. La vendeuse, armée d'un mètre ruban, prit les mesures de la jeune fille, ainsi que le contrôle des opérations. Elle lui présenta trois modèles, de facture légère, sans armature. Le premier était blanc, parsemé de petites cerises rouges, le second écru, à fines rayures, et le dernier bleu ciel, uni, bordé d'une petite dentelle blanche.

La jeune fille pénétra dans une cabine puis retira son t-shirt. Elle surveillait craintivement le rideau, seul rempart entre son torse dénudé et le monde extérieur. Elle agrafa un premier soutiens-gorge autour de son ventre et se tortilla pour le faire remonter. Il était bien trop grand et bavait complètement. Effondrée, elle voyait ses rêves et ses espoirs s'envoler. Dehors, la vendeuse attendait, attentive. Elle demanda :

Tout ce passe bien ? Je peux t'aider si tu veux.

Ce que Callisthène s'empressa de refuser, complètement paniquée à l'idée de devoir se montrer ainsi. Elle enfila le second, mais c'était encore pire. De grosses larmes roulèrent sur ses joues. Lorsque la vendeuse réitéra sa question, la jeune fille ne parvint plus à contenir ses émotions et se mis à sangloter. La femme entrouvrir le rideau et se glissa dans la cabine avec elle. Constatant les dégâts, elle commença par ajuster les bretelles, améliorant ainsi considérablement le résultat. Elle détailla sans retenue le corps de la jeune fille et ressorti de la cabine sans dire un mot. Callisthène, anéantie, n'avait pas bougé d'un millimètre lorsque la femme se glissa à nouveau à ses côtés, deux nouveaux modèles à la main. Ces derniers avaient une petite armature métallique et une forme très arrondie.

Je pense que ceux-ci t'iront mieux. Et ne t'inquiète pas, nous allons trouver. Je te laisse essayer... Lui dit elle en s'éclipsant.

Sans conviction, la jeune fille attacha un soutien-gorge blanc bordé de dentelles. A son plus grand étonnement, il lui allait presque. L'arrondi soulignait sa poitrine naissante, esquissant les premières rondeurs de sa future silhouette. Elle entrouvrit timidement le rideau. La vendeuse, radieuse, se précipita à l'intérieur pour ajuster les derniers réglages. Elle lui avait trouvé exactement le bon modèle. Le second, bleu pâle, était identique à quelques détails près. Callisthène l'essaya également, et constata qu'il lui allait tout aussi bien. Les trouvant tous les deux très jolis, elle ne parvenait pas à arrêter son choix. Après un rapide calcul, elle conclu qu'il lui restait assez d'argent pour se payer les deux, et décida de ne pas choisir. Elle jeta un oeil à sa montre. L'heure était passée depuis longtemps et son père devait être en train de la chercher partout. Affolée, elle se rhabilla en quatrième vitesse et bondit hors de la cabine. A peine ses achats réglés, elle s'élança en courant à travers les rayons du grand magasin. Elle enfourna subrepticement le petit sachet sous le jean avant que son père ne le remarque et ne la questionne. Elle n'avait aucune envie de parler de ça avec lui...

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***

Je me souviens encore de mon tout premier... Il était bleu ciel, forme triangle, avec de petits motifs roses et une seule aggrafe au dos. Et vous, mesdames ?

Par Clarissandre - Publié dans : Raconte moi une histoire
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