La journée s'enchaîna à un rythme effréné. De rue en rue, un magasin après l'autre, les sacs bariolés s'accumulaient. Un pull bien chaud, un pantalon, quelques t-shirts, deux pyjamas d'hiver, une
paire de chaussures de sport et un manteau long constituaient le lourd butin de leur périple. Ils commençaient à être vraiment encombrés, et décidèrent de se séparer pour quelques instants. Elle
irait acheter son jean seule pendant qu'il retournait à la voiture déposer les paquets.
A vive allure, la jeune fille furetait dans les rayons du rez-de-chaussée. Elle constitua une pile de jeans de tailles différentes et s'engouffra dans une cabine étriquée, fermé par un lourd
rideau rouge. Après avoir retiré ses énormes chaussures, des espèces de rangers, et posé ses affaires en équilibre sur le tabouret, elle enfila un premier jean. Ce dernier s'avéra beaucoup trop
large. Elle extirpa alors de la pile la plus petite taille qu'elle avait pu trouver et l'essaya. Elle fit un pas en arrière se regarda d'un oeil critique dans l'étroit miroir. La ceinture du
pantalon reposait sur ses hanches, laissant deviner sous le tissu la forme saillante de ses os. Le jean, légèrement évasé, soulignait avec élégance ses jambes fines et élancées. Le verdict était
sans appel : il était parfait.
Après avoir dilapidé une grande partie de ses économies cet achat, elle consulta sa montre : il lui resterait encore une dizaine de minutes de liberté avant que son père ne la rejoigne.
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