Samedi 26 avril 2008

La jeune fille s'installa à son bureau et, sous le regard attentif de son bienfaiteur, déballa l'ordinateur. L'écran, malgré sa petite taille, était lumineux et très agréable à regarder. La jeune fille faisait courir à toute allure ses doigts sur les minuscules touches du clavier, ponctuant le silence de cliquetis réguliers. Pour communiquer avec l'autre ordinateur de la maison, le petit portable avait besoin d'un nom, elle le baptisa donc Edelweiss, en hommage à sa coque blanc laqué, brillante comme de la glace. En moins de dix minutes, elle était déjà familiarisée avec l'interface de ce nouveau système et activait les fonctionnalités avancées. Son père, bien moins à l'aise avec les technologies modernes, la regardait faire dans un silence religieux. Toute petite déjà, elle pianotait sur l'antique ordinateur du salon, découvrant des fonctionnalités dont il n'aurait jamais soupçonné l'existence.

Après plusieurs minutes passées à explorer différent menus d'administration, Callisthène se leva et expliqua d'un ton enjoué :

Il faut que j'utilise ton ordinateur pour configurer le point d'accès wifi, ensuite je pourrais avoir internet partout dans la maison avec.

Son père la regarda passer devant lui, une pointe de fierté et d'admiration dans le regard. Se sentant légèrement inutile, il décida d'aller préparer le repas. Black Pearl, dont l'intérêt pour l'informatique était tout aussi limité, faisait les cents pas devant la cuisine s'indignant.

Le soirée était placée sous le signe de la bonne humeur et de l'insouciance, et ce n'est seulement tard le soir que la jeune fille senti son coeur se serrer à l'idée de tout ce qui l'attendait dans les jours à venir. Elle se rassurait en pensant à son téléphone, qui lui permettrait de garder un lien constant avec son père. Malgré tout, elle restait anxieuse.

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par Clarissandre publié dans : Raconte moi une histoire
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Samedi 26 avril 2008

La jeune femme était assise par terre, recroquevillée, la tête appuyée sur la vitre. De grosses larmes roulaient sur ses joues. Elle avait l'impression que son coeur était prisonnier d'un étau. Elle voulait crier, mais aucun son ne sortait de sa bouche. Jamais elle ne s'était sentie aussi seule, coupée du monde. Elle avait tellement d'amour en elle qu'il lui donnait l'impression d'étouffer. Depuis bien longtemps pourtant, elle s'était perdue dans un océan de solitude, à milles lieux de la moindre amitié. L'alcool, les drogues et le sexe rythmait sa vie, ne laissant aucune place pour les sentiments. Son coeur ouvert sur le monde avait tellement souffert qu'elle ne voulait plus ressentir, plus souffrir, ni même penser. Elle saisi le couteau posé à ses pieds enfonça la lame dans son poignet. Le sang, épais, poisseux, coulait le long de son bras. Comme libérée, elle se mis soudain à pleurer. Elle se laissa tomber en arrière et, roulée en boule à même le sol, sanglota un long moment. La douleur lui donnait l'illusion de renaître, insufflant en elle la force de vivre. La main posée sur la plaie, elle comprimait la coupure. Elle n'avait jamais eu le désir de mourir, bien au contraire.

Elle se releva et attrapa une bouteille d'alcool à 90°. Quand le liquide coula le long de la coupure, elle en pu retenir un hurlement bestial. La douleur lui donnait des ailes, et avait séché ses larmes. Elle ajusta un bandage compressif sur la plaie et nettoya minutieusement la lame. Elle augmenta le volume de la musique jusqu'à s'en enivrer. Les sons se mêlèrent peu à peu aux battements de son coeur. Elle ferma les yeux et laissa la musique résonner en elle. Elle souriait.

Ça va allez... Ça va déjà mieux.

***

Ce texte parle de Joy, un personnage qui reste encore très mystérieux, même pour moi. C'est une junkie, un peu paumée, très seule, qu'il faut que je prenne le temps d'apprivoiser. Je n'ai pas encore en projet d'écrire ses aventures, car je n'ai pas le courage de me lancer dans quelquechose d'aussi sombre pour le moment. Un jour, peut-être...

par Clarissandre publié dans : Petits écrits
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Vendredi 25 avril 2008

Le fin de l'après-midi fut ponctué par les achats de manuels scolaires, de livres et de diverses fournitures de papeterie. C'est lourdement chargés, complètement épuisés, mais victorieux, qu'ils regagnèrent la maison. Callisthène se précipita dans sa chambre pour déballer sur son lit l'ensemble de ses achats. Leur volume était tellement impressionnant, qu'elle se demandait comment elle allait bien pouvoir emporter tant de choses avec elle.

Elle examinait en détails ses petits soutiens-gorge quand son père frappa à la porte. Elle eu juste le temps de les dissimuler avant qu'il n'entre dans la pièce. Il tenait à la main deux petits paquets, maladroitement enveloppés dans du papier cadeau vert pomme, sur lequel s'étalait de gros motifs végétaux. La jeune fille repoussa les affaires étalées sur le lit pour permettre à son père de s'installer confortablement à côté d'elle. Il arborait un sourire malicieux, très fier de sa surprise. Black Pearl, curieux lui aussi, s'était approché et regardait avec envie les petits rubans satinés qui s'agitaient au moindre petit mouvement.

La jeune fille commença à déballer le premier paquet avec soin, ce malgré l'impatience et l'excitation qui s'étaient emparés d'elle. Le coeur battant à tout rompre, elle saisi la boîte posée à l'envers sur ses genoux et la retourna lentement. Elle découvrit alors un élégant téléphone portable, d'un blanc nacré délicat. Ébahie, elle regardait tour à tour le téléphone, son père, le téléphone, son père... Les mots lui manquaient.

Lorsqu'elle déchira le papier du second paquet, et qu'elle en devina le contenu, ses mains se mirent à trembler. Avant même d'ouvrir boîte, elle se jeta au cou de son père, très émue. Elle savait tous les sacrifices qu'un pareil cadeau lui avait coûté. Il s'agissait en effet d'un petit ordinateur portable, ultra léger, de ceux qui sont à peine plus grand qu'une feuille pliée en deux.

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par Clarissandre publié dans : Raconte moi une histoire
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Mercredi 23 avril 2008

Elle se dirigea alors discrètement vers le rayon lingerie du grand magasin. Cette profusion de couleurs, de dentelles et de rubans la mettait plutôt mal à l'aise. Elle effleura du bout des doigts le tissu soyeux et richement orné d'un soutien-gorge en dentelles noires. A cet instant précis, une vendeuse d'un certain âge surgit derrière elle, et l'aborda.

Mademoiselle, puis je vous aidez ?

La jeune fille était terrifiée. Lançant des regards affolés autour d'elle, les mains crispées sur son petit sac, elle balbutia :

Je... je regarde.

La toisant du regard, et devinant son embarra, la vendeuse l'entraîna dans un rayon situé à un peu à l'écart, à l'abri des regards. Une collection de sous vêtements en coton, aux coloris pastels et aux formes simples, y étaient présentée. Le regard de la jeune fille se posait tour à tour sur la multitude de modèles, elle ne savait absolument pas quoi choisir. La vendeuse, restée légèrement en retrait jusqu'à  lors, s'approcha.

C'est pour vous ? Votre premier, n'est-ce pas ?

Sentant le regard inquisiteur de la femme sur son absence de poitrine, Callisthène devint écarlate. Elle était au bord des larmes et avait envie de s'enfuir en courant. Elle se sentait humiliée. Mais elle avait déjà fait une grande partie du chemin et il aurait été dommage de reculer maintenant, si près du but. Incapable d'articuler le moindre mot, elle se contenta de hocher la tête. La vendeuse, armée d'un mètre ruban, prit les mesures de la jeune fille, ainsi que le contrôle des opérations. Elle lui présenta trois modèles, de facture légère, sans armature. Le premier était blanc, parsemé de petites cerises rouges, le second écru, à fines rayures, et le dernier bleu ciel, uni, bordé d'une petite dentelle blanche.

La jeune fille pénétra dans une cabine puis retira son t-shirt. Elle surveillait craintivement le rideau, seul rempart entre son torse dénudé et le monde extérieur. Elle agrafa un premier soutiens-gorge autour de son ventre et se tortilla pour le faire remonter. Il était bien trop grand et bavait complètement. Effondrée, elle voyait ses rêves et ses espoirs s'envoler. Dehors, la vendeuse attendait, attentive. Elle demanda :

Tout ce passe bien ? Je peux t'aider si tu veux.

Ce que Callisthène s'empressa de refuser, complètement paniquée à l'idée de devoir se montrer ainsi. Elle enfila le second, mais c'était encore pire. De grosses larmes roulèrent sur ses joues. Lorsque la vendeuse réitéra sa question, la jeune fille ne parvint plus à contenir ses émotions et se mis à sangloter. La femme entrouvrir le rideau et se glissa dans la cabine avec elle. Constatant les dégâts, elle commença par ajuster les bretelles, améliorant ainsi considérablement le résultat. Elle détailla sans retenue le corps de la jeune fille et ressorti de la cabine sans dire un mot. Callisthène, anéantie, n'avait pas bougé d'un millimètre lorsque la femme se glissa à nouveau à ses côtés, deux nouveaux modèles à la main. Ces derniers avaient une petite armature métallique et une forme très arrondie.

Je pense que ceux-ci t'iront mieux. Et ne t'inquiète pas, nous allons trouver. Je te laisse essayer... Lui dit elle en s'éclipsant.

Sans conviction, la jeune fille attacha un soutien-gorge blanc bordé de dentelles. A son plus grand étonnement, il lui allait presque. L'arrondi soulignait sa poitrine naissante, esquissant les premières rondeurs de sa future silhouette. Elle entrouvrit timidement le rideau. La vendeuse, radieuse, se précipita à l'intérieur pour ajuster les derniers réglages. Elle lui avait trouvé exactement le bon modèle. Le second, bleu pâle, était identique à quelques détails près. Callisthène l'essaya également, et constata qu'il lui allait tout aussi bien. Les trouvant tous les deux très jolis, elle ne parvenait pas à arrêter son choix. Après un rapide calcul, elle conclu qu'il lui restait assez d'argent pour se payer les deux, et décida de ne pas choisir. Elle jeta un oeil à sa montre. L'heure était passée depuis longtemps et son père devait être en train de la chercher partout. Affolée, elle se rhabilla en quatrième vitesse et bondit hors de la cabine. A peine ses achats réglés, elle s'élança en courant à travers les rayons du grand magasin. Elle enfourna subrepticement le petit sachet sous le jean avant que son père ne le remarque et ne la questionne. Elle n'avait aucune envie de parler de ça avec lui...

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***

Je me souviens encore de mon tout premier... Il était bleu ciel, forme triangle, avec de petits motifs roses et une seule aggrafe au dos. Et vous, mesdames ?

par Clarissandre publié dans : Raconte moi une histoire
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Mercredi 23 avril 2008

La journée s'enchaîna à un rythme effréné. De rue en rue, un magasin après l'autre, les sacs bariolés s'accumulaient. Un pull bien chaud, un pantalon, quelques t-shirts, deux pyjamas d'hiver, une paire de chaussures de sport et un manteau long constituaient le lourd butin de leur périple. Ils commençaient à être vraiment encombrés, et décidèrent de se séparer pour quelques instants. Elle irait acheter son jean seule pendant qu'il retournait à la voiture déposer les paquets.

A vive allure, la jeune fille furetait dans les rayons du rez-de-chaussée. Elle constitua une pile de jeans de tailles différentes et s'engouffra dans une cabine étriquée, fermé par un lourd rideau rouge. Après avoir retiré ses énormes chaussures, des espèces de rangers, et posé ses affaires en équilibre sur le tabouret, elle enfila un premier jean. Ce dernier s'avéra beaucoup trop large. Elle extirpa alors de la pile la plus petite taille qu'elle avait pu trouver et l'essaya. Elle fit un pas en arrière se regarda d'un oeil critique dans l'étroit miroir. La ceinture du pantalon reposait sur ses hanches, laissant deviner sous le tissu la forme saillante de ses os. Le jean, légèrement évasé, soulignait avec élégance ses jambes fines et élancées. Le verdict était sans appel : il était parfait.

Après avoir dilapidé une grande partie de ses économies cet achat, elle consulta sa montre : il lui resterait encore une dizaine de minutes de liberté avant que son père ne la rejoigne.

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par Clarissandre publié dans : Raconte moi une histoire
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