Ta peau fine et sucrée,
Boulverse mes sens,
Et ta douce innocence,
Affole mes pensées.
Au jour le jour, je publie des morceaux de récits. Si parcourez mes écrits en remontant le temps... vous risquez de vous sentir un peu perdus. Rendez-vous à la bibliothèque pour lire dans l'ordre !
Ta peau fine et sucrée,
Boulverse mes sens,
Et ta douce innocence,
Affole mes pensées.
Après avoir sagement retiré ses chaussures, elle reprit sa course folle et se précipita dans sa chambre. Le parquet de chêne clair craquait joyeusement sous ses pas. La pièce était impeccablement
rangée. Les étagères en bois blanc abritaient une collection de livres, dont certains, très anciens, étaient reliés de cuir. Jules Verne et Agatha Christie côtoyaient d'épais ouvrages d'histoire,
d'astronomie et de mathématiques. Seul le couvre lit en patchwork apportait une note douce et colorée à cette petite chambre studieuse. Le bureau, placé sous la fenêtre, était inondé d'une
lumière douce, tamisée par l'immense tilleul planté non loin de la fenêtre. A droite, sur le lit, le petit chat noir se prélassait.
Cet animal était incroyable. Il avait cette capacité qu'on certain chats à se faufiler partout sans un bruit, à s'évaporer dans les ombres, à disparaître d'un lieu pour réapparaître plus loin
comme par enchantement. De nature craintive, il se tenait généralement à l'écart des humains, et jusqu'à lors, seule la jeune fille avait su l'apprivoiser. Il la suivait du regard, attentif,
tandis qu'elle escaladait sa petite chaise pour atteindre le sommet de l'armoire. A l'abri des regards indiscrets, dissimulé dernière la corniche, une boîte à gâteaux en fer blanc avait élu
domicile.
Callisthène déversa sur le lit le contenu hétéroclite son précieux trésor : une bourse en cuir élimée contenant un billet et de nombreuses petites pièces, une montre à gousset ayant appartenu à
son grand-père, plusieurs photos d'une très belle jeune femme brune aux yeux clairs, un petit carnet relié et un brillant à lèvres parfumé. Elle sortie de sa poche le billet qu'elle venait de
recevoir, et entreprit de recompter son argent. Black Pearl prenait un malin plaisir à renverser les piles de pièces sur le couvre-lit, rendant l'exercice difficile. Après deux tentatives
infructueuses, elle parvint finalement à recompter toute sa petite monnaie. Elle avait tout à fait de quoi s'acheter son nouveau jean, et même une petite babiole supplémentaire. Le regard posé
sur les photos, elle souriait.
Tu as vu, maman, comme je suis riche ?
Au tintement de cette voix claire et joyeuse, le chat se mit à ronronner. Lui aussi semblait satisfait.
< lire >
L'après-midi touchait déjà à sa fin, il allait être temps de rentrer. Le soleil, facétieux, jouait à cache-cache avec les feuilles des arbres qui jouxtaient la maison de la vieille dame. Un
frisson parcouru les bras de la jeune fille. Le vent s'était levé, et il commençait à faire un peu frais à l'ombre. Elle s'élança dans la rue, adressant un dernier signe de la main à son
amie.
Le quartier était calme et paisible. Les petites maisons blanches disposées de part et d'autre de la rue arboraient toutes de magnifiques jardins, regorgeant d'immenses arbres séculaires et de
délicates fleurs sauvages. Arrivée à la hauteur d'une petite maisonnette à étages, nichée dans un fouillis de verdure et de fleurs jaunes, la jeune fille ralentit. Elle gravit quatre à quatre les
quelques marches du perron et s'engouffra dans l'entrée. A peine avait-elle posé un pied sur l'escalier intérieur qu'une voix caverneuse retenti.
Jeune fille ! Tonna l'homme.
Interrompue dans son élan, elle s'était figée sur place, pétrifiée. Le bruit de pas, sourd et régulier, se rapprochaient lentement. Tout doucement, le plus silencieusement possible, elle recula
en direction de la porte. Un homme de forte carrure, vêtu d'un pantalon en toile grisâtre élimé et d'une horrible chemise à carreau fit son apparition. Amusé, il regardait la jeune fille qui
semblait prête à bondir, comme un chat sur des gardes. Il reprit d'une voix attendrie.
Si je te reprends encore à monter à l'étage avec tes godillots plein de terre, je te garanti que tu auras des ennuis. Combien de fois vais je devoir te le répéter Callisthène ?
La jeune fille se jeta au cou de son père en s'excusant, maculant de terre au passage tout le sol de l'entrée. Il sourit.
< lire >
***
Un petit mot sur le prénom de l'héroïne, que je trouve absolument magnfique mais qui est plutôt méconu.
CALLISTHÈNE (Sainte) : beauté et force, en grec. Vierge grecque, honorée le 4 octobre.
Au IVème siècle, St Audace et sa fille Callisthène vivaient à Ephèse (près de l'actuelle Izmir, en Turquie). A la mort de son père, martyr pendant les persécutions perpétrées les contre
les chrétiens par l'empereur Maximin, Callisthène pris la fuite déguisée en homme et se réfugia à Nicomédie. Elle y pratiqua pendant plusieurs années l'art de la médecine,
puis fut contrainte de révéler son identité lorsqu'une famille, en témoignage de leur gratitude, lui offrir la main de leur fille. A la mort de Maximin en 312, elle devint la
gouvernante du fils de Constance, soeur de Constantin le Grand, premier empereur chrétien. Elle fit construire un oratoire à Ephèse pour y enterrer les reliques de son père.
Ms Marple adorait ses chats, et Ms Marple adorait ses rosiers. Mais Ms Marple n'aimait pas du tout voir ses chats se promener au milieu de ses précieux rosiers. Lorsque la jeune fille senti le
parfum capiteux de la vieille dame envahir l'air, elle se redressa d'un bond. Penchée vers les rosiers, elle chuchota :
Black Pearl, ne reste pas là !
Le temps d'un battement de cils et le petit chat s'était évaporé. Ms Marple regardait le place qu'il occupait quelques secondes auparavant d'un air suspicieux. Mais lorsque son regard se posa sur
la jeune fille, il se radoucit. Elle détailla la jeune fille. Elle avait beaucoup changé pendant ces vacances. Elle était plutôt grande pour son âge, très mince et tout en jambes. Ses longs
cheveux noirs tombaient en une cascade de boucles régulières sur ses épaules nues. Ses yeux gris bleutés, bordés de long cils noirs, pétillaient de curiosité. Pour ceux qui l'avait connue, elle
ressemblait en tout point à sa mère.
La vielle dame lui glissa discrètement un billet dans la main.
Pour te payer ton pantalon, tu as bien travaillé. Mes fleurs n'ont jamais été si belles !
Le jeune fille roulait des yeux exorbités. Elle n'avait pourtant parlé à personne de ce superbe jean vintage, flambant neuf et pourtant déjà complètement élimé, qu'elle convoitait en secret.
Saurait elle lire dans les pensées ? Serait-ce une preuve ! Ses méninges s'affolaient tandis qu'elle élaborait des théories toutes plus farfelues les unes que les autres. Elle lui avait sûrement
fait boire une potion de vérité mélangé à son thé au citron. Non, le thé aurait sûrement eu un drôle de goût... Alors, elle passait ses soirées à discuter avec les chats du quartier, et Black
Pearl avait tout raconté ! Non, ça ne va pas non plus, Black Pearl n'est pas du genre à raconter les confidences qu'on lui fait...
Ms Marple contenait avec peine un sourire amusé. Elle pouvait lire la stupeur sur le visage de sa petite voisine. Ne pouvant étouffer son rire plus longtemps, et finit par lui avouer :
Le catalogue, petite étourdie ! Tu l'as laissé ouvert à cette page presque tout l'été...
< lire >
L'été tirait à sa fin. Le soleil brûlant avait laissé place à une lumière douce qui étirait malicieusement les ombres des arbres, ponctuant la campagne de fines rayures qui dansaient dans le
vent. Les genoux dans la terre, une jeune fille arrachait consciencieusement les ronces et les mauvaises herbes qui envahissaient les rosiers. La peau claire de ses épaules nues portaient les
stigmates d'un été passé dehors. Elle parlait d'une voix douce.
Ça repousse à une de ces vitesse... Tu as vu tout ce que j'ai déjà enlevé ? Et il en reste toujours un peu là derrière... Quelqu'un a du jetter un mauvais sort à ces rosiers, c'est pas
possible ! Pourtant, Ms Marple est la seule vieille dame que je connaisse qui pourrait bien être une sorcière. Je t'assure, elle connait toujours le nom de toutes les plantes
et se prépare régulièrement de drôles d'infusions, pour ses rhumatismes. Si tu veux mon avis, on dirait plutôt d'espèces de potions. Et puis, tu ne trouve pas qu'elle sent bizarre
? On dirait presque qu'elle prends des bains de formol !
La jeune fille pouffa.
Fait pas cette tête, je plaisante ! Toi aussi, tu trouves ça ridicule les histoires de fantômes et de sorcières, n'est-ce pas ? En fait, tu sais, je n'y crois pas vraiment... Je
me dis juste que ce serait bien, si ça existait, comme ça je pourrais enfin parler à ma Maman. Je n'arrive plus vraiment à me souvenir d'elle, j'étais encore trop petite quand elle est
morte...
Elle soupira. Ses jambes engourdies commençait à lui faire mal. Elle recula de quelques pas en s'étirant, puis se laissa tomber à la renverse, dans les herbes hautes de ce jardin redevenu presque
sauvage. Un petit chat noir était assis là, face à elle. Il se tenait parfaitement immobile, droit comme une statue, et fixait attentivement la jeune fille de ses grands yeux cuivrés. Elle
resta allongée un instant, en silence, les yeux fermés. Le vent jouait avec ses cheveux bouclés et lui chatouillaient le visage. L'odeur de l'herbe tiède et le parfum des fleurs emplissaient
ses narines. Elle écoutait le murmure du vent dans les arbres et le chant des oiseaux, savourant paisiblement le calme de cette fin d'après-midi. Encore quelques jours et ce serait la fin de
l'été. Encore quelques jours, et ce serait la rentrée.
< lire >
***
Troisième et, je l'espère, dernière version de ce prologue. J'ai gardé le texte pratiquement intact, mais j'ai complètement réécrit les appartées, pour redonner un peu plus de vie et de gaité à l'ensemble.