Après cette journée passée dehors, Callisthène se sentait poisseuse, elle avait besoin d'une douche pour se détendre. La salle de bain était une petite pièce exiguë à l'étage, dans laquelle un
adulte pouvait à peine se tenir debout. La jeune fille laissa tomber ses vêtements sur le sol et se glissa dans la petite baignoire blanche. L'eau tiède ruisselait sur sa peau meurtrie par
le soleil, lui arrachant un petit gémissement. Elle fredonnait doucement les paroles d'une chanson en se tortillant sous l'eau, projetant une multitude de petites gouttelettes à
travers la pièce. Ses longs cheveux noirs, gorgés d'eau, s'étiraient jusqu'au creux de ses reins. Elle essora soigneusement sa chevelure et posa prudemment un pied nu sur le
carrelage froid. Une flaque se formait lentement à ses pieds tandis qu'elle s'essuyait. Ses vêtements sale, maculés de terre, gisaient non loin de là. D'un coup de pied, elle les
repoussa.
Elle croisa son regard dans le miroir et resta immobile un instant, intriguée par son reflet. Son visage s'était nettement affiné dernièrement, elle se reconnaissait à peine. Elle se mit sur
la pointe des pieds pour détailler sa silhouette. Ses hanches s'étaient élargies, la cambrure de son dos s'était nettement dessinée. Elle gonfla le torse, rejetant les épaules en arrière, le
menton arrogant. Sa poitrine était à peine esquissée, à son grand désespoir. Elle soupira, dépitée. Comme pour beaucoup de jeunes filles de son âge, l'accession à la féminité
passait tout d'abord par ce signe ostentatoire. Elle n'avait pas conscience que les autres transformations de son corps, ses longues jambes graciles, ses poignets fins et sa démarche souple
et féline étaient tout aussi importants.
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Au bout d'une heure, ils s'écroulèrent sur le canapé, épuisés mais heureux. Dehors, la nuit était tombée et le chant des oiseaux s'était tu. La jeune fille, moite de sueur, ouvrir la
porte-fenêtre pour se rafraîchir. Elle fit quelques pas sur la terrasse et leva les yeux au ciel. A perte de vue, des milliers d'étoiles scintillaient dans la nuit noire, comme une
pluie de diamants. Seul le murmure plaintif du tourne disque resté allumé rompait le silence. L'homme se leva à son tour, arrêta le mécanisme et reposa
distraitement l'album sur l'étagère. Il avait besoin de prendre l'air lui aussi, et sorti rejoindre sa fille. La nuit était d'une douceur infinie. Un souffle d'air tiède,
délicatement parfumé par les senteurs du tilleul, orchestrait à leur pieds le ballet des premières feuilles mortes. Il dit :
Nous avons une journée chargée demain, tu devrais aller te reposer.
La jeune fille acquiesça en silence. Elle embrassa son père pour lui souhaiter bonne nuit. Même s'il se parlaient peu, ils se sentaient très proches, et tenaient énormément l'un à
l'autre.
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Voici le plan de la chambre de Callisthène.
Elle est relativement petite puisqu'elle ne mesure que 9m². Elle est orienté vers l'ouest.
par Clarissandre
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Making off
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A l'horizon, le ciel s'était peu à peu embrasé, déversant un flot de lumière aux couleurs chatoyantes dans toutes les pièces de la maison. La cuisine, toute illuminée de rose et d'or, semblait
hors du temps. La jeune fille terminait d'essuyer la vaisselle, pendant que son père se préparait, avec un luxe de précautions, un petit café bien noir. Depuis toujours, la vieille cafetière
faisait son cinéma, sifflant et crachotant bruyamment, tant et si bien qu'elle paraissait au bord de l'explosion.
Lorsqu'il retourna s'installer dans le salon, une tasse brûlante à la main, sa fille lui emboîta le pas. Elle s'arrêta distraitement devant une immense étagère dans laquelle s'entassaient, dans
le désordre le plus total, des centaines de vieux vinyles. Tous appartenait à son père, qui, sous son allure d'universitaire sérieux, gardait toujours au fond de lui une affection toute
particulière pour le bon vieux hard rock de sa jeunesse. Elle extirpa une pochette d'une des piles et posa le disque sur la platine poussiéreuse. Aussitôt, les guitares se mirent à hurler, la
musique déchirait l'air, transperçait la peau et les os jusqu'à faire vibrer le plus profond de l'âme. Les yeux fermés, elle frissonnait de plaisir. Sabbath, bloody Sabbath.
Tandis qu'elle se balançait au rythme de la musique, les yeux toujours fermés, son père la regardait. Ce n'était plus vraiment une petite fille, pas encore tout à fait une femme. Bien que très
mûre pour son âge, son innocence d'enfant était intacte. D'ici quelques jours, elle allait se retrouver mêlée à des jeunes gens tous plus âgés qu'elle, certains presque adultes déjà. Il ne pourra
plus la protéger, elle devra affronter seule les petites épreuves du quotidien. Il parvenait difficilement à masquer son inquiétude. Voyant le regard triste de son père, Callisthène l'empoigna
par la main et l'entraîna à ses côtés dans une danse endiablée et exutoire.
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Un son étouffé lui parvint de l'escalier. Son père l'appelait, et lui demandait de descendre mettre la table. En un éclair, les petits trésors avaient tous regagnés leur boîte, qu'elle glissa
discrètement sous l'oreiller. Elle dévala les marches à vive allure, comme à son habitude, et manqua de glisser à chaque pas avec ses chaussettes en coton.
A peine avait-elle atteint l'entrée, qu'une délicieuse odeur lui mis l'eau à la bouche. Elle fila droit vers la cuisine, pour voir ce qui s'y préparait. Black Pearl était déjà là, assis devant le
four, contemplant avec attention le plat en terre cuite qui s'y trouvait. Surveillant du coin de l'oeil les allers et venues de sa jeune maîtresse, il se décida finalement à passer à table, et
bondit sur l'une des chaises. La jeune fille et son père s'installèrent à leur tour, apportant avec eux une salade verte (sans intérêt), un plat de purée (pas mieux) et un
énorme poulet rôti (fantastique !). Oubliant toutes ses bonnes manières, le petit chat entonna alors un concert de miaulements déchirants, les yeux rivés sur cet alléchant festin. Il
n'était pas facile de discuter tranquillement lorsqu'un monstre de son espèce déclamait sans relâche son amour éperdu pour la volaille.
Ce ne fut qu'une fois le félin rassasié que la jeune fille pu exposer à son père son désir de dépenser la quasi totalité de ses économies dans un pantalon hors de prix. Ils n'étaient pas bien
riches, et devaient faire attention aux dépenses superflues. Malgré la bourse d'études qu'elle avait brillamment décrochée pour intégrer une prestigieuse école privée à la rentrée, les frais
engendrés restaient importants pour leur petit budget. L'uniforme de l'école, les livres scolaires ou encore les fournitures étaient entièrement à leur charge. Il fallait l'encourager à être
raisonnable, il était donc plus sage de refuser.
Il s'apprêtait à répondre, lorsque le regard plein d'espoir de sa fille croisa le sien, et lui fit changer d'avis. Elle avait besoin de jean. Besoin de se sentir comme les autres, besoin
d'arborer fièrement les codes de cet univers méconnu, pour mieux se fondre dans la masse. Il lui dit avec douceur :
Ce n'est pas raisonnable, ma petite Cali. Mais je comprends bien à quel point c'est important pour toi, tu sais... Alors nous irons l'acheter demain, avec le reste de tes affaires.
Elle explosa de joie, courant et sautant à travers toute la pièce dans une cacophonie et de cris et de rires, avant de se jeter à la renverse sur le canapé en poussant un long soupir de
soulagement. Son père la regardait, les yeux brillants, un pincement au coeur. Elle ressemblait tellement à sa mère... elle débordait de vie.
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***
Je commance à douter du choix du nom du petit félin... la référence est un peu trop moderne, un peu trop commune. J'hésite à le rebaptiser.